Ressources bibliographiques

 

 

 

 

 

L’Église et le sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin.

L’accès au « Sanctuaire intérieur » et la pratique du culte divin dans la pensée saint-martiniste (J.-M. Vivenza, éditions La Pierre philosophale, 2013)

 

Cet ouvrage, portant sur la question de l’Église et du sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), a pour objet de projeter quelques vives lumières au sujet de la « prêtrise » véritable et l’authentique « ministère transcendant » de l’Église intérieure, afin de mettre à jour les convictions réelles du Philosophe Inconnu en matière religieuse.

On a pu dire, pour expliquer l'attitude critique de Saint-Martin à l’égard de l’institution ecclésiale - qui prit naissance très tôt, dès l'époque où il étudiait aux côtés de son premier maître Martinès de Pasqually (+ 1774), et dont la manifestation la plus frappante, symboliquement, fut le refus d'accepter la présence d'un prêtre au moment de sa mort -, qu'il « méconnaissait la véritable Église ». Or, du point de vue de la pensée du Philosophe Inconnu, rien n’est plus inexact, car sa distance d’avec l’Église, qui s’étend à toutes ses formes temporelles et ses diverses expressions confessionnelles, provient d’une conviction profonde qu’il partageait avec les piétistes, les philadelphiens disciples de Jacob Bœhme (1575-1624), et les penseurs illuministes : les âmes peuvent ici-bas vivre en communion avec le Ciel et accéder aux plus hauts états spirituels, sans aucune intermédiation humaine.

Ainsi, ce que propose Saint-Martin pour rencontrer Dieu, c’est que s’opère en l’homme l’œuvre dite, non sans raison, « selon l’interne » - en se souvenant que cette œuvre est destinée, non pas uniquement à ceux qui sont déjà, ou qui souhaitent s’engager dans une démarche initiatique, mais à toutes les « âmes de désir » espérant vivre l’expérience de la rencontre surnaturelle et transformatrice avec le divin.

De la sorte, les lecteurs en quête de l’union intime avec l’Invisible, en s’appuyant sur les explications qu’ils découvriront en ces pages, portant sur la nature de l’Église céleste et l’exercice de la prière intérieure, seront en mesure de participer aux « noces de l’Esprit », suivant en cela la voie théosophique préconisée par le Philosophe Inconnu qui rejoint en bien des aspects celle de la tradition de la mystique suressentielle, leur donnant de voir peut-être s’ouvrir en eux, un jour, les portes donnant accès au « Sanctuaire éternel ».

 

 

 

Le culte en « esprit » de l’Église intérieure.

 La célébration de la liturgie céleste dans le Sanctuaire du cœur selon Louis-Claude de Saint-Martin –  (J.-M. Vivenza, éditions La Pierre philosophale, 2014)

 

L’initiative de la publication d’un livre consacré au culte ‘‘en esprit’’ de l’Église intérieure pourrait surprendre, nous en sommes conscient, quoique si l’on se donne la peine de lire avec attention L’Église et le sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin (La Pierre Philosophale, 2013), il semble assez logique que ce livre soit suivi d’un ouvrage complémentaire portant exclusivement sur la célébration de la liturgie selon l’interne à laquelle ne cesse de nous inviter dans tous ses écrits Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803).

Il restait donc à savoir, par delà le rappel des invitations constantes que nous avons, comme il convenait de le faire, longuement signalées, comment et de quelle manière célébrer le culte divin de l’Église intérieure dans te temple du cœur ?

Or, il apparaît, que le culte « selon l’interne », quoique non étranger au culte ostensible célébré par les diverses confessions chrétiennes avec lequel il partage les mêmes sources évangéliques, se doit cependant d’être réellement spirituel en ne comportant rien – ou en tendant à en être le moins possible chargé –, d’images, reliquats, alluvions et vestiges dégradés du monde matériel, ce caractère de dégagement purificateur dans l’exercice d’adoration se rapportant à ce en quoi consiste précisément, en raison de sa nature, le « mystère » céleste par excellence de l’Église intérieure. 

Ainsi ce livre permettra, conformément à ce qu’il incombe à chaque âme de désir consciente de son état sacerdotal, d’entrer dans la « chambre haute » et, dans le secret, suivant les indications du Philosophe Inconnu, de célébrer la « Sainte Cène » dans le temple de son cœur « en esprit et en vérité » (Jean IV, 24), commémorant de la sorte la Pâque et procédant à la consécration purement spirituelle des « saintes espèces » : « Le nouvel homme (…) a dit d'avance aux siens : ‘’Vous savez que la Pâque se fait dans deux jours, et que le fils de l'homme sera livré pour être crucifié’’. Mais comme il sait aussi que le complément de sa régénération est attaché à ce sacrifice, comme il sait en outre que ce sacrifice doit rendre la vie aux habitants de son propre royaume, il dit à quelques-uns des siens : ‘‘Allez­ nous apprêter ce qu'il faut pour la Pâque. Lorsque vous entre­rez dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau, suivez-le dans la maison où il entrera, et dites au maître de cette maison que le maître vous envoie dire : Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera une grande chambre haute toute meublée. Préparez-­nous-y ce qu'il faut.’’ » (Le Nouvel homme, § 60).

 

 

 

Pratique de la prière intérieure pour conduire l’âme à l’union avec Dieu.

– La méthode de l’oraison & de la contemplation mystique selon Louis-Claude de Saint-Martin –  (J.-M. Vivenza, éditions La Pierre philosophale, 2015)

 

Ce livre, dont l’importance est inversement proportionnelle à son nombre de pages, est un guide conçu pour donner les moyens, « courts et faciles », pour l’âme animée d’un vrai désir, d’entrer dans la voie de la contemplation, la plus élevée et sublime activité qu’il se puisse effectuer pour la créature en ce monde temporel, celle que l’anonyme du « Nuage d’inconnaissance » désigne, à juste titre, comme étant la « vie active supérieure ».

La « vie active supérieure » est la voie d’oraison, voie qui est placée, entièrement, sous les auspices de la pratique d’une contemplation devenant l’activité permanente de l’âme et la conduisant, par un itinéraire secret, jusqu’au sommet de l’union divine.

Si l’on veut réellement, et avec sérieux, entrer dans la compréhension intime de ce que proposa Saint-Martin au titre de l’initiation selon l’interne, alors, il est évident que la pratique de l’oraison de silence doit devenir le principal objet auquel il convient de se consacrer, et il importe de s’y livrer, avec une constance invariante, tous les jours de notre vie : 

Les fruits de la prière sont immenses, et il convient de bien se convaincre, en premier lieu, que sans l’exercice de la prière procurant une intimité avec le Ciel, la démarche spirituelle – ceci s’appliquant d’ailleurs à toutes les entreprises cherchant à établir un lien avec les domaines de la surnature -, est stérile et rendue vaine. Les bénéfiques lumières reçues de la sainte pratique  intérieure rejailliront donc en de multiples rayons bienfaisants et salutaires, transformant l’âme bien au-delà de ce que peuvent produire les faibles industries de l’homme.

 

 

 

Le mystère de l’Église intérieure, ou la « naissance » de Dieu dans l’âme.

Le cœur métaphysique et ontologique de la doctrine saint-martiniste – (J.-M. Vivenza, éditions La Pierre philosophale, 2016)

 

Faire « naître Dieu en nous » est la question qui représente le « cœur » même de l’élément le plus intime, le plus fondamental de la pensée théosophique, l’idée fondatrice de la perspective illuministe et mystique de la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), dit le « Philosophe Inconnu », disciple de Martinès de Pasqually (+ 1774), qui se mit ensuite à l’école de Jacob Boehme (1575-1624), ce dernier lui ayant révélé que le vide originaire, qu’il faut traverser et endurer, est un « Néant » dans la plénitude abyssale de l'Absolu, connaissance qui participe, incontestablement, du « mystère » secret propre à la Divinité.

 

Ce secret représente le « dépôt primitif de toutes les révélations », en lien avec ce qui provoqua la chute des anges, puis celle de l’homme, ainsi que les conditions qui permettront que puisse advenir, lorsque les temps seront accomplis, la « réintégration universelle », mais dont les éléments ultimes, les lumières les plus sublimes, portent en réalité sur la génération de la Divinité, ce en quoi consiste le « Grand mystère » (Mysterium magnum), qui est celui de la « naissance de Dieu en nous », par un processus absolument saisissant relevant des plus hautes régions de « l’Esprit », ouvrant sur une dimension proprement métaphysique, car l’ordre au sein duquel se situe cet « engendrement divin », est celui où « l’Être » et le « Non-être », « l’Absolu » et le « Néant », entretiennent depuis toujours, un rapport étroit, ceci ayant pour conséquence de placer l’âme au centre d’un enjeu « ontologique » extraordinaire.
Si « Dieu » reste inconnu aux yeux du monde, c’est qu’il n’est pas un « objet », une entité indépendante de nous. Cependant, pour savoir ce qui se cache derrière ce que l’on désigne comme étant « Dieu », il est nécessaire de modifier, entièrement, notre vision des choses, de s’ouvrir, par un changement de « conversion » - une authentique « métanoïa » (mετάνοια) -, à ce qui est caché en nous, à l’intérieur, dans ce « fonds » qui est un « abîme transcendant ». Dieu reste inconnaissable, puisqu’il est radicalement impossible de le connaître sans le faire « naître » en notre interne, naissance par laquelle Dieu et l’âme deviennent une seule et même substance, et s’unissent, éternellement, en un identique « Mystère » suressentiel