L’Unité à réaliser est « L’Unité » de désir avec Dieu

 

 

 

La seule « Unité » qu’il importe à l’âme sincère de réaliser, est celle la reliant intimement, en son interne, à Dieu qui est Lui, et Lui seul, le « Souverain Bien » ; une « Unité » qui aura d’ailleurs pour modalités concrètes, comme l’indique le Philosophe Inconnu : « l'amour », « l’œuvre de la pénitence », « l'humilité », le « courage », la « charité », le « dépouillement de l'esprit de la terre », la « résignation », la « patience », la « soumission à la Volonté Suprême », le « soin de nous revêtir de l'Esprit de Vérité », « l'espérance de recouvrer les biens que nous avons perdus », la « foi », la « volonté purifiée », la « détermination à dissiper les ténèbres de l'ignorance », la « vigilance », la « constance à la prière » et la « continuelle culture des Écritures Saintes » :

« La principale unité que nous devions chercher à établir en nous, c'est l'unité du désir, par laquelle l'ardeur de notre régénération devienne pour nous une passion si dominante, qu'elle absorbe toutes nos affections, et nous entraîne comme malgré nous, de manière que toutes nos pensées, tous nos actes, tous nos mouvements soient constamment subordonnés à cette dominante passion ; de cette unité fondamentale, nous verrons découler une multitude d'autres unités qui doivent nous gouverner avec le même empire, chacune selon sa classe ; ou pour mieux dire toutes ces diverses unités sont tellement liées les unes aux autres, qu'elles se succèdent et se soutiennent mutuellement, sans qu'elles soient jamais étrangères entre elles. Ainsi, unité dans l'amour, unité dans l’œuvre de la pénitence, unité dans l'humilité, unité dans le courage, unité dans la charité, unité dans le dépouillement de l'esprit de la terre, unité dans la résignation, unité dans la patience, unité dans la soumission à la Volonté Suprême, unité dans le soin de nous revêtir de l'Esprit de Vérité, unité dans l'espérance de recouvrer les biens que nous avons perdus, unité dans la foi que notre volonté purifiée et unie à celle de Dieu doit avoir son accomplissement dès ce monde, unité dans la détermination à dissiper les ténèbres de l'ignorance dont notre séjour nous enveloppe, unité dans la vigilance, unité dans la constance à la prière, unité dans la continuelle culture des Écritures Saintes, enfin unité dans tout ce que nous sentons être propre à nous purifier, à nous alléger de ce bas monde, et à nous avancer dans notre royaume qui est le royaume de l'esprit, et le royaume de Dieu ; voilà la loi que nous devons nous imposer. Quoique ces différentes unités soient intimement liées ensemble, et appartiennent à la même racine, ce n'est point à dire pour cela qu'elles doivent toutes agir à la fois ; il n'y a que Dieu dans qui toutes les unités paisibles, et douces, soient dans une perpétuelle, et commune activité, parce qu'il n'y a que lui qui soit la vraie, et radicale unité  [1].»

 

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Notes

 

[1] Le Nouvel Homme, § 21.